L'achat-revente immobilier est-il encore rentable en 2026 ?
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L'achat-revente immobilier est-il encore rentable en 2026 ?

É
Équipe Trezoclair
3 min de lecture

La question revient comme un marteau. Sur les réseaux, dans les groupes privés, dans les discussions d'associés le soir après une visite ratée : "C'est encore jouable, ou c'est fini ?"

La réponse courte : oui, c'est encore rentable. Mais pas pour tout le monde. Et pas de la même façon qu'avant.


Ce qui a changé (vraiment)

Entre 2020 et 2022, les marchands de biens vivaient dans une bulle presque euphorique. Les prix montaient, les acheteurs se battaient, les sorties se faisaient à des prix qu'on n'aurait pas imaginés 3 ans plus tôt. N'importe quelle opération correctement montée trouvait sa sortie.

Ce temps est révolu.

Aujourd'hui, trois réalités s'imposent :

1. Les prix de sortie stagnent ou reculent Selon les dernières données des Notaires de France, les prix en province ont reculé de 2 à 4 % sur un an dans beaucoup de marchés. En Île-de-France, la correction est plus marquée sur certains secteurs. Ce n'est pas la catastrophe, mais c'est suffisant pour transformer une opération à 15 % de marge en opération à 8 %.

2. Les délais de vente s'allongent Un bien qui se vendait en 3 semaines en 2021 prend aujourd'hui 3 à 5 mois dans beaucoup de villes moyennes. Pour un marchand de biens, le temps, c'est de l'argent : intérêts d'emprunt qui courent, charges fixes, capital immobilisé.

3. Le financement est plus sélectif Les banques ont resserré les critères. Les courtiers spécialisés en marchand de biens confirment tous la même chose : il faut plus d'apport, un track record plus solide, et des bilans impeccables pour obtenir les mêmes conditions qu'avant.


Ce qui n'a pas changé

Le besoin fondamental, lui, reste intact. En France, le parc immobilier vieillit. Des millions de logements sont énergivores, mal distribués, ou dans des états qui découragent les acheteurs particuliers. Les marchands de biens qui savent transformer ces biens restent indispensables.

La demande de logements remis à niveau, réhabilités, divisés intelligemment — elle est là. Elle sera encore là dans 10 ans.


Les opérations qui fonctionnent encore très bien

Soyons précis. Voici les types d'opérations qui génèrent encore des marges solides en 2026 :

La division foncière en zones tendues

Acheter un terrain ou une maison avec une large parcelle, créer des lots, vendre séparément. En zone périurbaine dynamique, les marges restent autour de 20-25 % net avant impôt quand le dossier est bien monté.

La réhabilitation lourde d'immeuble

Acquérir un immeuble entier vétuste, le remettre aux normes, le diviser en appartements ou le revendre en bloc. L'opération demande plus de capitaux et de technicité, mais la concurrence est moindre et les sorties plus prévisibles.

Le repositionnement de biens en dehors des grandes métropoles

Les marchés de villes moyennes (50 000 à 200 000 habitants) ont mieux résisté à la hausse des taux car ils n'avaient pas atteint des niveaux délirants. Des marchés comme Limoges, Le Mans, Metz ou Troyes offrent encore des opportunités intéressantes avec des prix d'acquisition plus bas.


La marge minimale acceptable en 2026

Un point que beaucoup de marchands sous-estiment : la marge brute ne veut rien dire sans tenir compte du coût du temps.

En tenant compte de :

  • L'impôt sur les bénéfices (IS ou IR selon la structure)
  • Les frais financiers
  • Les frais de portage
  • Les aléas sur les travaux (+15 % minimum de marge de sécurité)

Une opération est réellement intéressante aujourd'hui à partir de 18-20 % de marge brute sur le prix de revente. En dessous, le risque est disproportionné par rapport au rendement.


La conclusion qui dérange

L'achat-revente n'est plus un secteur où les amateurs font des affaires par accident. Les opérations de 2021 qui se faisaient "les yeux fermés" n'existent plus.

Mais pour les professionnels qui travaillent leur sourcing, qui maîtrisent les coûts, qui ont des équipes de travaux fiables et qui savent lire un marché — la rentabilité est tout à fait au rendez-vous.

La barre d'entrée est plus haute. C'est tout. Et parfois, c'est une bonne chose.